Courir à Erbil  14-300x164

Erbil est la ville principale du Kurdistan, région autonome au nord de l’Iraq. Je suis invitée à y passer la semaine du 22 février au 1er mars afin de réaliser un projet pédagogique avec l’école française d’Erbil. J’en profite pour découvrir la ville en tant que coureuse…

L’arrivée en avion laisse deviner des paysages très verts et une chaîne de montagnes époustouflante : Suran. Avant mon départ, je me renseigne sur les possibilités de courir. Mon amie Hania me rassure : il existe un grand parc et même autour de son quartier, il est possible de faire du sport dans la rue.

Effectivement, dès le second jour de mon arrivée, on me dépose à l’entrée du parc Sami Abdul Rahman. Avec ses 5 km de périmètres et ses nombreux bassins et petits sentiers, le parc est un endroit idéal. Fin février, la température est très agréable. Il fait entre 20 et 23 degrés, l’air est frais et les espaces verts suffisamment nombreux pour camoufler la pollution ambiante. Tranquillement, je me faufile dans les allées et cours une douzaine de kilomètres sans trouver le parcours redondant. Je croise d’autres coureurs, principalement des hommes, mais également une jeune femme étrangère. Je croise aussi des marcheurs et des marcheuses, des amoureux sur un banc, des enfants qui jouent à la balançoire. Le parc regorge d’espaces pour se divertir : aires de pique-nique, amphithéâtres de plein air, bassins. Pour ne pas déranger mon ami, je décide de le rejoindre directement sur son lieu de travail qui m’a semblé proche du parc. Mon sens de l’orientation mérite d’être aiguisé et c’est sans surprise que je me retrouve à errer seule, en tenue de sport, dans les rues d’Erbil en début de soirée. Devant les boutiques et les habitations, je ne vois que des hommes. Je me sens mal à l’aise bien qu’aucun regard de reproche ni de signe d’agressivité ne m’est directement adressé. Ce n’est qu’à l’écart, dans une rue un peu moins éclairée que les autres qu’un homme d’âge mur décide de me suivre, lui, me klaxonnant et me scrutant du haut de sa camionnette, moi serrant très fort le petit paquet de pains chauds que j’ai décidé d’acheter pour me réconforter. Mon ami finit par me retrouver sur un axe principal, la camionnette poursuit son chemin.

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Toute la semaine, je loge dans le quartier chrétien de Ankawa, au nord ouest d’Erbil. Les rues sont très calmes et bordées de maison individuelles identiques et accolées. Bien qu’il n’y ait pas de trottoir, les avenues sont suffisamment larges pour que je puisse courir sans danger. À ma grande surprise, un ami présent pour le tournage d’un film, et également logé au même endroit que moi, décide de m’accompagner. Il est en jeans et en chaussures de ville souples, je suis en tenue de sport vêtue d’un corsaire, d’un short et du tee-shirt du club. Antoine a repéré des petites collines de l’autre côté d’une grande avenue, juste derrière la maison. Je le suis, enchantée ! Nous traversons une petite ferme avec l’accord des propriétaires et nous nous retrouvons dans les champs où nous courons tranquillement sur 7 km.

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Pour ma troisième sortie, je suis seule et j’ai tout un après-midi ensoleillé devant moi ! Je chausse à nouveau mes runnings, programme ma Garmin et me lance tout d’abord autour du pâté de maisons. Le tour fait 400 mètres : un tour de piste avec une petite côte sur la moitié du trajet. C’est parfait pour une sortie courte avec de la vitesse. Après 20 minutes d’échauffement, je me mets à alterner vitesse en côte et récupération. La température est idéale, des enfants et quelques couples sortent sur le pas de leur porte pour me regarder passer ou prendre l’air. Personne n’est venu me reprocher d’attirer l’attention ni de perturber l’ordre publique ! Au bout de 10 km, je décide d’allonger le parcours et de considérer le tour du quartier. Je note que ce tour fait exactement 1 km ! Il ne m’en fallait pas plus. Je peux faire ma sortie longue. Un vieux monsieur assis au bord du trottoir, la canne à la main me verra passer 7 fois. Il me sourira, l’air amusé.

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À Erbil, un club de course à pied s’entraîne chaque vendredi à 15h30 au parc Sami Abdul Rahman. Je n’ai pas réussi à les rencontrer, mais j’ai pu les contacter grâce à leur page Facebook. J’essaierai de les rejoindre une prochaine fois. Cela semblait difficile de les retrouver en dehors de ce rendez-vous hebdomadaire. J’ai rencontré deux jeunes femmes expatriées, Jessica et Audrey, qui courent plusieurs fois par semaine dans ce même parc. Elles ont participé aux 10 km d’Erbil organisés en même temps que le marathon et sont arrivées dans les 10 premières à la dernière édition le 19 octobre 2012. Le prochain marathon aura lieu le 25 octobre 2013. Elles se sont fixées comme objectif d’arriver dans les cinq premières. Pour ma part, le marathon me tente. Si je peux placer un projet professionnel et que l’on m’assure que le parcours est bien balisé, j’envisagerai sérieusement de m’inscrire et ainsi de cocher la lettre « E » comme Erbil International Marathon for Peace and Development.

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jeunes filles kurdes

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rue à Erbil

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au souk d’Erbil

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montée vers la citadelle

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mosquée

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marché aux légumes

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